Une marche pour l’Unité  !

Il y a quelques années, lorsque ma fille était encore en contact avec sa conscience d’enfant (peut-être 5 ou 6 ans ?), je me souviens avoir été très émue de l’entendre raconter l’un de ses rêves ; j’ai rêvé, me racontait-elle, «que l’humanité  aurait un jour un gigantesque porte-monnaie et que tout le monde pourrait librement piocher dedans ; il n’y aurait plus de pauvres, plus de riches, tout le monde partagerait et aurait suffisamment  pour vivre»…et donc, concluait-elle, il n’y aurait plus de guerres… J’avais alors versé une larme d’émotion, touchée par cet  élan de générosité d’un si petit bout’chou, qui plus est ma fille; puis,  j’ai oublié, mon regard cartésien et sceptique et mes peurs égotiques  de manque ayant probablement enterré, sous prétexte de naïveté enfantine, ce rêve qui faisait pourtant écho, sans doute, à mes propres rêves d’enfant.

Des années, plus tard, ce souvenir à réémergé de ma conscience  à la faveur d’évènements qui ont secoué la France, les attentats de janvier 2015; quelques jours après les évènements, j’ai éprouvé l’envie irrépressible de me fondre dans la foule rassemblée près de la Place de la République, sans doute pour transformer la peur mais surtout la tristesse de constater combien l’homme peut se déconnecter à ce point de sa partie lumineuse pour ne laisser exprimer que sa part d’ombre, comme  aurait pu le dire le Psychanalyste JUNG.

Dans cette foule compacte ou il était impossible de bouger plus d’un mètre sans ressentir le souffle, l’énergie de mes compagnons de marche, j’ai été envahie par un sentiment bouleversant de joie, la joie profonde de me sentir unie, dans un même sentiment de compassion, de solidarité à l’autre, aussi inconnu et différent soit-il. Je crois que cette émotion était  du même ordre que celle qui avait été suscitée par le récit du rêve de ma fille…

 

Plus récemment, c’est l’évocation du projet de Revenu universel qui a eu cet effet de tsunami émotionnel; je résonne beaucoup avec cette idée que si l’ensemble de l’humanité disposait d’un minimum pour vivre, cela sécuriserait cette part de nous–même que certains appellent le cerveau reptilien, celui-là même qui  peut nous faire réagir plus qu’agir, vivre dans la survie plus que dans la vie et nous faire adopter des comportements dits reptiliens tels que l’agression de l’autre (le frère, le voisin, le pays…) pour préserver son territoire, sa survie lorsque nous pensons, la plupart du temps de façon illusoire que  nous sommes menacés. C’est enfin à la lecture de la  revue  « Reflets »  consacrée notamment à « l’Islam magnifique » ( et plus particulièrement à celle de l’article de Bernard MONTAUD) qui  se propose   par des regards croisés sur la spiritualité  de  retrouver ce qui cimente tout courant religieux et spirituel qu’a émergé le rêve d’une journée d’unité spirituelle ; ce rêve s’ancre dans cette  conscience si simplement réveillée par ma fille que nous sommes, en tant qu’espèce vivante, tout à la fois reliés au Un  tout en étant un, dans notre formidable singularité; toutes les traditions spirituelles (et de plus en plus de courants psychothérapeutiques) s’appuient sur cette idée; mais plus encore que les traditions, c’est l’expérience, pouvant se vivre bien sûr hors d’un cadre religieux, qui peut nous faire éprouver ce qui devient alors une réalité; à ce titre, selon moi, ce que j’ai ressenti Place de la république était de l’ordre du spirituel, du sacré; cette expérience m’a fait ressentir dans mes cellules cette réalité absolu  que nous sommes tous interconnectés, miroirs les uns les autres, transformant, ce faisant, la réalité relative que nous sommes  séparés.

Je fais le vœu aujourd’hui que mon rêve puisse faire écho à d’autres ouvertures de conscience et qu’il trouve sa concrétisation dans une grande marche pour l’unité spirituelle qui réunirait toutes les traditions religieuses et au delà, toutes les traditions spirituelles, philosophiques et autres sagesses ancestrales, tous les courants  psychothérapeutiques aussi, une grande marche  du vivre ensemble parisienne, et soyons ambitieux, française et pourquoi pas mondiale qui serait comme un catalyseur d’émergence de cette conscience universelle que nous portons tous en nous, en dépit des apparences, cette conscience absolue que  nous sommes à la fois Un, comme les membres d’un même corps universel, tout en étant singulier, dans la pluralité culturelle, nationale, familiale mais aussi l’unicité de notre être.

Article de Claire Abeille

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