Différences et Complémentarités entre la Philosophie et la Psychothérapie

Si la philosophie nous apprend à penser par nous mêmes, la psychothérapie aurait elle la même fonction ?

Sigmund Freud pensait que la psychothérapie devait se détacher de la philosophie afin de devenir une discipline autonome. Il y a réussi car nul ne peut nier aujourd’hui que les sciences psychologiques et psychothérapeutiques ne soient des disciplines à part entière.

Et pourtant, par une évolution naturelle, les chercheurs et autres professionnels de la relation d’aide ont pu observer que connaissant la psyché par l’inconscient freudien, il restait à poursuivre l’étude en élargissant le cadre de référence en y incluant la philosophie .
C’est à partir de cette observation que nous allons développer le thème des différences et complémentarité de la psychothérapie et de la philosophie. La fonction éducative de la psychothérapie, relativement nouvelle dans nos pratiques, aurait ses sources dans la philosophie. C’est sur l’une de  ces bases que le programme de l’EEPA ( École associant la philosophie et la psychothérapie) a été construit .
De Socrate en passant par Spinoza, jusqu’aux contemporains Comte Sponville et Bertrand Vergely, nous retrouvons une éthique de liberté de penser à laquelle nous donnons une valeur certaine dans notre enseignement. Si je puis partager mon expérience en tant que thérapeute analytique, mes patients m’ont invités, par leurs questionnements qui dépassaient le cadre restreint des problématiques de leurs égos, à répondre aux interrogations existentielles autour de : qui suis je ? Quel est le sens de la Vie ? Comment gérer les étapes plus ou moins difficiles de l’existence ?

Ainsi la réponse à ces interrogations peut se trouver dans  la philosophie et être expérimentées par la connaissance de la psyché dans sa globalité. La thérapie existentielle d’Irvin Yalom comme celle de Victor Frankl (la logothérapie) considérée comme une approche psychothérapeutique puisqu’elles s’adressent à  tous les professionnels psychologues, psychothérapeutes, l’approche existentielle donc nous invite à trouver des réponses qui donnent à la conscience un mouvement vers la philosophie !

Effectivement, Irvin Yalom insiste notamment dans son livre : «la Thérapie Existentielle» sur l’importance pour le thérapeute à  inviter le patient par la responsabilité à 100% (aptitude à répondre ) des événements de sa vie, à se poser les questions fondamentales du sens de l’existence et de la place de l’individu et son importance dans la famille, la société et le monde !
Carl Gustav Jung, fondateur de la psychologie analytique, s’est détaché de Freud pour accéder à une vision universelle qui nous pousse au discernement entre le moi et le Soi en d’autres mots entre l’ego et l’Ame. Ce discernement n’est possible que par l’invitation pour chacun et pour tous à se définir en tant qu’être unique pour mieux choisir de vivre une vie qui lui ressemble.

La conjonction des opposés, ou la voie du milieu, a été reprise par Jung et rejoint en cela la quête originelle philosophique, celle de la sagesse . Jung se réclame principalement du courant philosophique de l’Américain William James, fondateur du pragmatisme que Jung considérait comme la voie sûre  pour asseoir la psychologie sur des bases scientifiques . Est ce à dire que la psychothérapie en incluant la philosophie pourrait perdre  de son efficacité en se perdant dans un processus de pensées qui l’éloignerait du processus de guérison psychique ? Oui si les réponses ne restent qu’intellectuelles Non si l’intégration des connaissances se fait simultanément à l’accès au savoir, c’est ce que nous appelons la psychothérapie intégrative.

La psychothérapie intégrative (dans le sens d’une intégration des connaissances et aussi d’une pluri-disciplinarite), réside dans l’exigence pour les enseignants de n’enseigner  que ce qu’ils ont intégré ou sont en cours d’intégration. Qu’est ce que l’intégration?
L’intégration consiste à vérifier comment les informations recueillies raisonnent pour chacun et chacune. Quel impact cette résonance peut entraîner pour modifier le regard porté sur les événements et sur la Vie. Comment les émotions sont aussi transformées et que  les actions au quotidien deviennent justes. La communication non verbale étant estimée à au moins 80%, nous adhérons totalement à l’affirmation de Carl Gustav Jung :

«Nous ne pouvons conduire nos patients que là où nous en sommes !»

Cette intégrité est d’une grande exigence pour le thérapeute qui au delà d’un métier se propose un chemin de vie, à mon sens, possible qu’en incluant savoir et expérience, connaissance psychologique et philosophique.

Article de Nicole Aknin

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